L’art de la réalité augmentée

Fin septembre dernier, le musée Sukiennice (Cracovie) a lancé “Stories Behind the Paintings”, une opération de réalité augmentée destinée à promouvoir sa collection d’œuvres de peintres polonais du XIXème siècle.
Le parti pris : raconter et mettre en scène les tableaux au moyen de la réalité augmentée, pour susciter l’intérêt du public.
Ainsi, les visiteurs, équipés au préalable d’un iPhone, pouvaient découvrir la face cachée des œuvres qu’ils avaient sous les yeux… via des scénettes narrant les histoires d’amour, anecdotes militaires ou criminelles liées à chaque tableau.


En parallèle et pour attirer les curieux, l’agence Leo Burnett (Pologne) a orchestré avec brio une campagne on et off line : des affiches invitaient les passants à appeler, à envoyer un message ou à se connecter à la page Facebook de l’opération. Et ceux qui composèrent le numéro indiqué sur l’affiche reçurent un mystérieux SMS ou message vocal relayant l’exposition.
Bref, un soupçon de teasing et de nouvelles technologies, beaucoup de storytelling, d’interactivité et d’entertainment pour dépoussiérer des œuvres tombées dans l’oubli !

Une stratégie adoptée par d’autres musées, qui ont su, eux aussi, prendre le virage de la réalité augmentée, à l’instar du musée des Beaux-Arts de la ville de Rennes ou du Museum of London.
Le premier a mis en place, depuis 2009, un “guide mobile” interactif qui dévoile aux visiteurs des informations sur les œuvres (contées par un avatar 3D) ainsi que des détails du tableau.
Quant au Museum of London, il a récemment créé une application de réalité augmentée sur iPhone, a.k.a Streetmuseum, permettant de voir, selon les endroits où l’on se trouve, des photographies historiques, superposées au paysage actuel.

Musée des Beaux-Arts de Rennes / Museum of London

Des tweets qui swinguent avec Orange !

Début octobre 2010 Orange (UK) et l’agence britannique Poke London ont organisé l’opération “Singing Tweetagrams”, en partenariat avec The Rockabellas, trio de pin’up old school se réclamant des Andrew Sisters


Le principe est simple et efficace : l’internaute poste son message sur Twitter en ajoutant la mention #singingtweetagrams et son « télégramme 2.0 » lui est retourné, version chantée par The Rockabellas (à écouter ici).
Une façon ludique de “twitter”, en cohérence avec le tendance vintage actuelle et inspirée des Singing Telegrams des année 30.
Initiés en 1933 par la compagnie américaine de télégraphe, Western Union, ces télégrammes chantés se présentaient en effet comme une amusante alternative au “petit bleu”.

Seul regret : l’opération est terminée, alors qu’elle en aurait dépanné plus d’un à l’occasion des traditionnels envois de vœux.
Car cela eût été une bonne façon de changer des conventionnelles cartes de vœux papier ou numériques !
Retenez toutefois que The Rockabellas prêtent leurs voix à des évènements publics ou privés, ainsi qu’à des marques. Peut-être accepteront-elles de chanter vos/nos voeux 2012… I can dream, can’t I ?

Les “tryvertising stores”, ou l’art de “tester” la consommation

Venus du Japon, les tryvertising stores se répandent peu à peu en Europe.
Et il y a fort à parier que ces concept stores d’un nouveau genre continueront leur ascension…

Basés sur le concept du tryvertising, un mot barbare résultant de la contraction des vocables “test” et “publicité”, ces points de vente reprennent un principe vieux comme le monde : l’échantillonnage.
Plus précisément, il s’agit de proposer aux chalands de tester des échantillons, des prototypes ou des nouveaux produits contre des “cadeaux”.
Avantage pour les marques ? Se démarquer du chaos publicitaire et promotionnel, tout en récoltant les avis des consommateurs, voire bénéficier du bouche à oreilles.
Car à l’heure où le consommateur reçoit quotidiennement entre 500 et 800 messages publicitaires, le besoin est grand pour les marques de se démarquer. Pour cela, on a inventé la “carotte” (promo, concours, etc.), le buzz, l’expérience, les magasins éphémères, les concepts stores et autres techniques en tous genres.
Le tryvertising store, lui, permet aux marques de cibler à moindre coût leurs consommateurs (puisque chaque client doit remplir un questionnaire) et de présenter de façon attrayante leurs innovations.
Du point de vue du client, ce type de magasin représente une autre alternative du “consommer malin” (chacun repart avec des produits gratuits) et une nouvelle façon de converser avec les marques, lui qui s’érige en consomm’acteur.
Pour ce dernier, participer à la vie des marques, prendre le contrôle de sa propre consommation mais aussi se sentir “spécial” est en effet primordial.
Grâce au tryvertising, il choisit ce sur quoi il veut donner son avis, il découvre des nouveautés avant les autres et consomme “presque” gratuitement (pour pouvoir participer, il  doit  généralement s’acquitter de droits d’entrée).
Bref, une logique de “gagnant/gagnant” qui explique la floraison des tryvertising stores.

Précurseur, le japonais SampleLab permet depuis 2007 à ses clients de tester 5 produits par visite, en échange d’un questionnaire à remplir et d’une cotisation annuelle de 7 €, venant s’ajouter à un droit d’entrée de 3 €.
Lui emboitant le pas, SamplePlaza (Shangaï) joue la carte des innovations en avant-première, puisqu’il propose d’essayer des produits en attente de commercialisation ainsi que 5 produits à rapporter chez soi, contre frais annuels (10€) et sondages en ligne.

Sample Lab et Sample Plaza

Citons également les initiative de “bars à échantillons” comme celui du tokyoïte  LCafé ou du magazine NewBeauty à Miami.
En Espagne (à Barcelone), c’est la grande distribution qui se met au goût du tryvertising avec la première enseigne Esloùltimo, un magasin qui se veut 100% gratuit ! Le principe : remplir au préalable un formulaire d’information et payer 5 € par mois pour repartir avec 5 produits  uniquement (alimentaires, entretien, cosmétiques, etc.) non encore commercialisés. Le client n’est pas contraint à l’astreinte du questionnaire/produit après test.
Attractif mais pas très rentable, d’autant que chaque client doit  attendre 30 jours entre chaque visite…
Un concept qui devrait pourtant s’exporter en France et dans d’autres pays européens.

Es lo ùltimo

En attendant, les early-adopters et bobos français pourront se consoler avec Smart Store, un “laboratoire de tendances” dont le crédo est de “faire découvrir des produits tendances, originaux et décalés sous la forme d’échantillons à retirer et à tester chez soi ou de produits finis à tester sur place”. Pour bénéficier d’un accès illimité au magasin, il suffit de payer 10€ par an.

Smart Store - 8 rue Blanche, 75009 Paris

Les tryvertisings stores ont donc de beaux jours devant eux. Peut-être leur logique marketing sera-t-elle reprise par les grandes enseignes de distribution ou de hard-discount…

L’avenir du livre : du digital et de l’interaction…

Le studio de design IDEO, vient de lancer “The future of the book”, une très instructive et belle vidéo sur l’avenir du livre.
À travers trois types d’e-books fictifs (Nelson, Coupland et Alice), IDEO raconte ce que sera le livre de demain…
Au-delà de l’histoire ou du contenu littéraire en lui-même, le livre deviendra un véritable outil de discussion et d’interaction.
Le lecteur pourra participer à des discussions, débattre et recommander à d’autres sa “bibliothèque” digitale.
En un clic, il pourra vérifier les sources de l’auteur et obtenir davantage d’information (vidéo, schéma, articles, etc.) sur le sujet de son choix.
Véritable contributeur, il pourra prendre part à la rédaction de l’histoire et du contenu.
Autre signe du rapprochement entre fiction et réalité : la possibilité pour le lecteur de “converser” avec les personnages de l’histoire.
Du storytelling, de l’interactif et de l’expérience, en veux-tu en voilà !
S’il ne s’agit bien sûr que d’hypothèses, elles semblent plus que jamais plausibles. L’iPad et autres e-books ayant amorcé l’évolution du livre papier…

2010 : les tailles XL font recette !

“La taille mannequin c’est démodé !”, clame haut et fort la nouvelle campagne de la marque de lingerie Sans Complexe.

Des filles “Sans Complexe”…

Girondes, décomplexées et radieuses, les égéries de la publicité arborent fièrement leur 95D.
Preuve que les mannequins filiformes et androgynes n’ont plus l’exclusivité dans le paysage médiatique et publicitaire.
La tendance n’est certes pas nouvelle, mais ces derniers temps, la société offre une véritable place aux tailles XL.
Chaque mois, des milliers d’internautes suivent les conseils et coups de coeur en tous genres des blogueuses “rondes”, dont le nombre ne fait que croître.

Les blogueuses XL et fashion

Parmi elles, Lisa du blog/e-zine “Les modeuses rondes“, Valérie et son “To be Alive” ou encore la célèbre Big Beauty (a.k.a Stéphanie Zwicky).
Cette dernière connait un tel succès, que sur elle, pleuvent les contrats. La marque de prêt-à-porter Devernois en a fait la styliste de sa collection D+ et M6, sa chroniqueuse beauté pour l’émission 100% Mag, rien que ça !

Collection D+, par Devernois

À l’instar de la blogueuse, Marianne James est devenue  “conseillère fashion” : depuis 2008, elle participe à la conception de collection Taillissime de LaRedoute.
Autre signe de la prise de pouvoir des rondes et de l’intérêt des marques/media pour ces tailles 50, la multiplication des papiers et unes de presse à leur sujet.
Dans les magazines, fleurissent des “Vive les Fatshionistas” (Glamour, juin 2010) ou des dossiers Spécial Rondes (Elle, mars 2010).

Cette année encore, l’émission Belle toute nue (M6), continue d’accompagner avec succès des femmes complexées dans leur quête de bien-être et d’acceptation de soi…
Bref, le mouvement des femmes pulpeuses est en marche, amorcé ou tout simplement relayé par les marques et les media.

Un tendance qui va de pair avec l’engouement toujours plus vif pour les émissions/jeux TV culinaires — comme Master Chef (TF1), Top Chef ou Un dîner presque parfait (tous deux sur M6) — ou pour la bonne chère. Car parallèlement au PNNS (Plan National “Nutrition Santé”) et aux campagnes en faveur d’un “manger sain” parfois tristounet et culpabilisant, la tendance “gourmandise” continue de s’affirmer. Les cakistas (comprenez, les fans de pâtisserie) et autres gourmand(e)s ont encore de beaux jours devant eux, qui font davantage passer les plaisirs de la table avant le tour de taille !

Un chasseur sachant chasser… L’expérience Tipp-Ex

Plus facile de vivre l’expérience que de la “prononcer” !
À l’occasion de la rentrée des classes, la célèbre marque de correcteurs en tous genres, nous a offert une savoureuse campagne interactive sur YouTube.
L’expérience digitale commence par la vidéo “A hunter shoots a bear” exhortant l’internaute à choisir entre deux fins de l’histoire.
Jusque là, rien de très palpitant.
L’intérêt réside dans la possibilité d’écrire soi-même d’autres scénarii en complétant la phrase “A hunter …. a bear”.  Résultat : une cinquantaine de scénettes différentes et drôles, selon que vous choisissez les termes “sings”, “dances”, “kisses”, etc.

TippExperience : interactif, participatif et... jouissif !

Bravo à l’agence Buzz Man pour cette campagne Rich Media sans faux pas !
À vous de jouer :

L’homme 2010 : plus “Novo casual” que jamais

Novo…quoi ? “Novo casual” !
Ce concept un peu obscur instauré par l’Oréal fin 2009, définit le nouveau mâle.
Un savant mélange entre le “Métrosexuel” et l’«Übersexuel” des années passées.

Ainsi le “Novo casual” est un homme « débarrassé du carcan imposé par des modèles machistes ou ultra féministes, […] et qui est réconcilié avec toutes les composantes identitaires essentielles : virilité, créativité, sensibilité, séduction et charisme ».
Arborant fièrement une barbe de 3 jours, il prend soin de lui et accepte  sa part de féminité qu’il cultive en harmonie avec sa masculinité.
Notre ami s’exhibe volontiers en couple (cf campagnes de la marque The Kooples), n’est jamais en reste lorsqu’il s’agit de s’occuper de sa progéniture et ne rechigne plus trop à participer aux tâches ménagères. D’ailleurs, 61% des pères affirment que leurs enfants sont la raison principale à leur bonheur*¹ et 88% des hommes pensent que le partage des corvées participe à l’équilibre du couple*¹ (bien sûr, il ne s’agit que d’une déclaration, la réalité étant  encore  souvent moins reluisante !).
Bref, le “Novo-casual” est l’homme presque parfait !
Pas forcément aussi sexy que Patrick Dempsey, figure de proue de la tendance et égérie des produits Men Expert, mais au moins le vrai “Novo-casual”, lui, il n’habite pas qu’à Los Angeles..Bien évidemment, la publicité a repris ces nouveaux codes masculins.
Les dernières campagnes Coca-Cola Zéro sans caféine et Canal+ “Créateur original” en sont de bons exemples. Mais là, point de “Novo casual” à la beauté hollywoodienne, juste des “boys next doors” !


Même le sosie de l’«Übersexuel” Sébastien Chabal, le mannequin français Patrick PetitJean s’affiche pour H&M, plus soigné et moins viril que le rugbyman.

Campagne Automne/Hiver 2009 : un Übersexuel plus féminin

Source : Étude Biba/Harris Interactive, “Les hommes et le bonheur”, février 2010

Sculptures géantes pour la Coupe du Monde

Johannesburg est en ce moment le théâtre d’une compétition créative acharnée entre Nike et Coca-Cola, deux des principaux sponsors du Mondial 2010.
Chacun rivalise, à sa façon, avec une sculpture gigantesque.

Le Ballman de Nike - Le géant de Coca

D’un côté, le célèbre équipementier et son Ballman exposé dans le  Carlton Shopping Centre (centre commercial de Johannesburg). Mesurant 15 mètres de hauteur, cette aérienne sculpture de l’agence Ratcliffe Fowler Design est composée de 3 000 ballons de foot.
De l’autre, un “Coke Man” géant installé dans la métropole et présenté comme une initiative de recyclage artistique. Une réalisation de l’agence Animal Farm, aux mensurations extraordinaires : 16,5 mètres de haut pour 25 tonnes.

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Olympus voit les choses en grand… et en stop motion !

Après sa Pen Story, superbe vidéo célébrant le cinquantième anniversaire de la marque (cf post du 13 septembre 2009), Olympus nous offre un nouveau bijou, toujours en stop motion.
Réalisée par l’agence DSG et le Japonais Takeuchi Taijin, la vidéo Pen Giant n’aurait fait l’objet d’aucun trucage, ni effet de post-prod…
Seul outil utilisé, le modèle E-PL1 d’Olympus.
Pour l’animation et l’aspect gigantesque : 355 photos shootées, puis réimprimées sur de grands panneaux.
Du beau travail qui devrait assurer à la vidéo plus de 2 millions de vues, comme cela avait été le cas pour la Pen Story !

Après Chatroulette, voici Jobroulette !

Souvenez-vous : fin 2009, un jeune Russe lançait Chatroulette, un site mettant en relation des internautes via webcam et tchat, de manière aléatoire (cf post du 23 février 2010).
Si le fameux site a quelque peu défrayé la chronique, il a pourtant fait des émules, à l’instar d’Altran.
En effet, le leader européen du conseil en innovation et hautes technologies, aidé de l’agence Heaven, a temporairement lancé Jobroulette.
Sur le même principe que Chatroulette, cette plateforme offrait la possibilité d’entrer en contact avec n’importe lequel des 100 collaborateurs Altran sélectionnés et de poser sa candidature pour les postes proposés.
Un concept plutôt intéressant, dévoilé à l’occasion de  l’Innovation Week, vaste opération de recrutement (et de communication !) organisée par Altran du 17 au 21 mai 2010.
Car à l’heure des visioconférences, des sites de recrutement et des réseaux sociaux professionnels, technologie et web 2.0 deviennent les maîtres-mots des grands recruteurs (ex. Axa).

Pourtant, le bilan de l’opération est plutôt négatif…
Certes, le site permettait une première prise de contact conviviale et sans discrimination (à priori…). Mais encore aurait-il fallu que les interlocuteurs Altran aient été formés à l’utilisation de la webcam et qu’ils aient pu répondre aux questions posées par les internautes, comme l’explique cet article de Rue89 !

Bref, il faudra encore du temps avant qu’un concept comme Jobroulette devienne la panacée en matière de recrutement, la bonne vieille technique de l’entretien d’embauche en face à face détrônant toute les nouveautés technologiques déployées.