Johannesburg est en ce moment le théâtre d’une compétition créative acharnée entre Nike et Coca-Cola, deux des principaux sponsors du Mondial 2010.
Chacun rivalise, à sa façon, avec une sculpture gigantesque.
Le Ballman de Nike - Le géant de Coca
D’un côté, le célèbre équipementier et son Ballman exposé dans le Carlton Shopping Centre (centre commercial de Johannesburg). Mesurant 15 mètres de hauteur, cette aérienne sculpture de l’agence Ratcliffe Fowler Design est composée de 3 000 ballons de foot.
De l’autre, un « Coke Man » géant installé dans la métropole et présenté comme une initiative de recyclage artistique. Une réalisation de l’agence Animal Farm, aux mensurations extraordinaires : 16,5 mètres de haut pour 25 tonnes.
Ces derniers temps, la Alice de Lewis Carroll est partout !
Bientôt au cinéma grâce à Tim Burton (le 24 mars), la jeune fille inspire les marques, les grands magasins (comme Le Printemps), les magazines et les artistes.
Symbole d’une ère marquée par la tendance « régressive » mais aussi par un certain « désenchantement », cette Alice-là s’installe semble-t-il confortablement au rang des icônes 2010.
Certes enfant, mais pas princesse pour un sou, elle nous donne à voir un monde bizarre et surréaliste où le temps est dérèglé.
Un univers étrange qui plaît d’ailleurs autant que notre héroïne elle-même…
Bref, Alice et son pays des merveilles font vendre, et avec la sortie imminente du film de Tim Burton, ça n’est pas prêt de s’arrêter.
20 films de 120 secondes pour un thème.
Le projet Twenty120 réunit chaque année 20 directeurs artistiques, designers artistes ou publicitaires autour d’une thématique à traiter.
Le projet, inauguré en 2007 offre en effet la liberté à des artistes de s’exprimer sans contrainte client et met à leur disposition une belle plateforme en ligne pour diffuser leurs courts-métrages.
Et cette année, c’est le thème de « L’âge de l’opulence » qui est mis à l’honneur.
Pour l’illustrer, voici un superbe film réalisé par Yibi Hu (bande son : Phillip Sheppard et production : Joe Marshall)
Les années précédentes, les artistes ont dû disserter sur le »Changement » et la « Vérité VS Déception ».
Les courts-métrages « Truth VS Deception » sont disponibles dans un coffret DVD à retrouver sur le site.
Début décembre, la chaîne de science-fiction américaine Syfy a exhorté les New-Yorkais à suivre le lapin blanc d’Alice, sa nouvelle mini-série TV, remake du classique chef d’œuvre de Lewis Carroll.
Une course poursuite aussi étrange que cette version moderne d’Alice au Pays des Merveilles, qui s’est déroulée on et off line…
Après qu’une cinquantaine de clones en costards et masques de lapins débarque dans les rues de Big Apple, notre blanc héros a entamé sa fugue sur les murs de la ville via une opération de « beamvertising » (contraction des mots « rayons lumineux » et « publicité »).
Car l’agence Fallon (Minneapolis) a orchestré avec brio une projection en mouvement et grandeur nature, entre street art, affichage urbain et marketing sauvage… technique précédemment utilisée par des marques comme Rexona, Puma, eBay ou RedBull.
Le dispositif se prolonge sur Twitter et sur plusieurs sites « poupées russes », qui s’ouvrent par le site de détectives The White Rabbit Inc.
Un parcours virtuel qui annonce finalement la diffusion du premier épisode de la mini-série (le 6 décembre 2009), à mi-chemin entre fresque Tim Burtonienne et blockbuster US.
Hasard du calendrier, le réalisateur de Big Fish sort sa version d’Alice au Pays des Merveilles début 2010 ?
De jolis oiseaux en cage, des arbres en fleurs ou de paisibles Bouddhas peuplent l’œuvre de l’artiste coréenne Ran Hwang… toute d’épingles et de boutons conçue !
En effet, depuis plusieurs années, cette diplômée de la School of Visual Arts de New York assemble patiemment ses installations sans utiliser un point de colle…
Un magnifique travail de longue haleine, qui lui aurait permis « de découvrir le sens de l’existence ».
« Like the monks practicing Zen facing the wall, my work is a form of performance that leads to finding oneself. » ajoute-t-elle.
Voici une découverte qui ravira vos « tea-parties » du dimanche après-midi : des sachets de thé qui, dans votre tasse, se déploient en de jolies créatures ailées.
Un très beau projet réalisé par l’artiste russe Nathalia Ponomareva.
On attend avec impatience que ces sachets de thé en origami soient commercialisés !
En voilà un qui sait bien se cacher !
L’artiste chinois Liu Bolin a même fait de la technique du camouflage, un art.
Bien plus que de simples photos, ses performances s’appliquent à cacher le corps (de l’artiste lui-même ou de modèles) dans le décor.
Un jeu avec l’objectif et le spectateur rendu possible grâce à un minutieux travail de maquillage. Car, paraît-il, les clichés ne sont pas du tout retouchés !
Et voici ce que Liu Bolin raconte à propos de sa série « Camouflage » : « Se couler dans la société humaine est une façon simple de s’en échapper. […] Les points de vue varient d’un homme à l’autre dans le monde matériel qui est le nôtre. Ainsi varient les manières de rester en contact avec le monde extérieur. Pour moi, j’opte en faveur de l’intégration à la société. Ce n’est pas que je m’immerge dans ce milieu, mais plutôt que ce milieu m’envahit ».
À côté de lui, Charlie (d’ »Où est Charlie ») n’a qu’à ravaler ses rayures !
On ne compte plus les vidéos en stop motion qui envahissent la Toile.
De nombreuses marques comme HP ou artistes un peu fous plébiscitent ce procédé quelque peu artisanal… et centenaire (l’un des tous premiers stop motion aurait été réalisé en 1908 par Emile Courtet).
Bref, un retour aux traditions et aux valeurs sûres avec cette technique d’animation image par image qui demande de nombreuses heures de travail.
Preuve en est, ce 3 minutes orchestré par Olympus pour fêter le cinquantième anniversaire de son mythique appareil PEN, qui a nécessité pas moins de 60000 photos, 9600 impressions et 1800 photos supplémentaires !
Le tout assemblé donne un véritable petit bijou, rythmé par le folk Down Below de Johannes Stankowski (composé spécialement pour l’occasion).
Cendrillon, Blanche-Neige, la Belle au Bois Dormant, Belle (de la Belle et la Bête) et la Jasmine d’Aladdin, version Walt Disney, ça donne des héroïnes édulcorées aux parcours certes quelque peu cahotiques mais toujours à la happy end trimpohale !
Mais revues par la photographe canadienne Dina Goldstein, ces princesses de contes de fées se transforment en héroïnes déchues, transposées dans le monde moderne.
Une Blanche-Neige « épouse-pondeuse » au mari matcho, une Belle botoxée, une Cendrillon alcoolique, un Petit Chaperon Rouge obèse et d’autres « Fallen Princesses ».
Bref, des images d’une noirceur qui n’ont rien à envier à la violence des contes de Grimm et de Perrault.
Dans la veine du « green-artiviste » Joshua Allen Harris (cf post du 7 avril), voici un graffeur atypique et engagé : Alexandre Orion.
Plutôt que de peinturlurer voire défigurer les murs ou monuments, il dépoussière les tunnels de Sao Polo.
Muni d’un vulgaire chiffon, il efface les traces de pollution laissées par les voitures… pour finalement donner naissance à des crânes humains ! Des crânes, qui ici ne dénoncent pas forcément la mort, mais plutôt les torts causés par l’Homme à son environnement.
Une belle manière de nous faire comprendre que le vélo, c’est mieux que la voiture !
Les "Reverse graffitis" d'Alexandre Orion
En bonus, une vidéo qui le montre en pleine action.